Sentier en gestation en Vallée d'Aspe

" Un Chantier pas ordinaire "

Petite Histoire de Tempête
A l'occasion des vœux de l'Office de Tourisme, rétrospective sur un sentier en gestation entre Bedous et Aydius
Petite histoire de Tempête.odp
Présentation Open Office 23.8 MB

" et chaque jour un petit peu plus de travail (bénévole) sur ce chemin secret ... "

Voilà, le secret est désormais levé puisque le chemin est ouvert depuis le 4 août et signalé depuis le 26 août de cette année 2010.

Chemin du Sarrot Carboué

A mi-parcours au Sarrot Carboué un jalon vous indiquera la montée à suivre en nombreux lacets

Voila le panneau qui vous indiquera le meilleur chemin...

La jonction du Haut aussi !

On est encore trop loin pour entendre le glougloutement de la Fontaine d'Orbe

Vous aurez le choix de la pente sur ce panneau.

La jonction du bas, ça y est !

L'on entend non loin de là le ruisseau d'Ourtaig qui traverse le Chemin de l'Ardoisière

Les bribes de plus en plus marquées de l'ancien sentier à repiocher laissent espérer l'aboutissement.

Jonction avec le premier piochage, maintenant le terme approche à travers un terrain sec et ombragé.

Retour chez les brutes :  ébauche dans le dur interrompue par le troisième grain ...

Du tendre dans les gravillons. Un peu de douceur dans ce monde de brutes !

Les météores se sont succédées par vagues de houle se secteur nord-ouest, avec trois grains :

le premier du matin n'a pas arrêté le pèlerin en chemin vers la mine,

le second, a été le prétexte pour le moral d'une pause chocolat à croquer,

le troisième a sonné la rentrée en catastrophe vers le port ...

Record de lenteur : 12 m pour 3 heures de travail !

En cause, un rocher saillant qui a fini par se laisser dompter dans un concert de pioche en ut mineur.

Le Chef d'orchestre a fini les bras en compote.

Le chemin file maintenant son train de Sénateur dans le Cassiau. Pour rester dans l'esprit des charbonnniers, le piochage ne fait qu'effleurer la première couche de feuilles mortes en décrochant quelques cailloux saillants. Ainsi les racines des chênes ne sont pas touchées. Ils pourront atteindre le bicentenaire, à moins qu'une autre Tempête les bouscule ou que des imbéciles leur crament le pied.

Le dernier gros problème : un trou béant au milieu du chemin dû à une souche arrachée. Pas d'autre solution que de monter une murette de soutenement de 1,30 m de haut et de 1 m de large sur 0,75 de profondeur. Petit calcul : il a fallu écumer la zone et assembler près d'un m3 de rocher, les plus belles pièces croisées en parement et à l'intérieur la grenaille. Il n'y en avait pas de trop ...

La voie est libre maintenant, le chemin en création progresse en terrain dégagé.

Il contournera quelques gros blocs et passera une arête.

Il retrouvera dans le bois les bribes d'un ancien sentier qu'il s'agira de rabibocher ...

Plus d'hésitation, la trace des anciens charbonniers-mineurs est facile à déchiffrer.

Tronçonnage à la hache pour faire des rondins pas trop lourds à déplacer,

soutenement avec ces rondins et des blocs arrachés à la pioche :

que du manuel et de l'astuce pour se jouer des trous de souches ...

Plus de temps que prévu pour se faufiler au milieu des souches, compliqué par des affleurements rocheux, marquant le passage d'un sol à la terre profonde et généreuse à un sol plus sec et rocailleux dans lequel dans la pioche risque de se plaindre d'heures supplémentaires...

La voie est libre. La hache a eu raison de quelques chablis au départ plus impressionnants que de fait. Il ne restera qu'à zigzaguer entre les trous d'obus (pardon les trous de souche).S'il y avait encore des charbonniers, le joli tas de branches coupées en bas du chemin ferait leur bonheur.

89 m de piochage en huit heures : Grand Record (non homologué par l'huissier Olympix) difficile à battre dans les conditions fixées par le jury (60 cm de largeur utile, récupération des mottes tassées au pied pour former un mur végétal, élimination des nœuds de ronces, le moins possible de racines d'arbre coupées, de la terre fine sur le passage, entre 10 à 15 % de pente, sieste maxi de 15 mn).

Il n'est pas rare de constater que le chemin fraîchement ouvert

vient d'être inauguré de bon matin par un élu de la gent sauvage.

Cette fois-ci, il s'agirait d'un chevreuil, vu les traces pointillées dans la terre molle ...

L'obstacle suivant était le Rocher Dressé. Heureusement il y avait de la terre meuble à son pied. Ensuite la pente est moins forte, toujours au frais.

L'orage de fin de journée a fait déguerpir le piocheur précipitamment,

non sans quelques éclairs rapprochés !

Le piochage réserve bien des surprises, tel un rocher qu'il faut contourner,

ou un arbre penché sous lequel il faut passer.

Le piéton sera invité à baisser la tête, l'âne bâté à baisser les oreilles ...

Passage de la fournaise de l'ancienne fougeraie à la fraîcheur du sous-bois.

Le piochage est plus tempéré maintenant.

Une longueur de plus dans la pente avec un manche en fibre tout neuf pour la pioche : du grand luxe !

Presque arrivé en haut de la première partie, mais le manche de la pioche est un peu malade !

Quelques images au début de ce chantier pas ordinaire :

 

la création d'un sentier aux lacets tracés à l'œil avec les outils d'antan,

- croissant pour dégager les herbes folles et les épines,

- pioche pour creuser un sillon dans la pente de terre et de rocailles,

- bigot ou râteau de cantonnier pour tirer la terre ameublie et donner une jolie forme au chemin.  

 

Du bel ouvrage "tout à la main", sans tricher avec les machines :

- le son de la pioche sur les rochers récalcitrants comme seul bruit,

- l'odeur de la terre humide,

- les traces des sangliers le lendemain comme premiers usagers

 

... de ce chemin promis à un bel avenir ...